Lycée des Métiers Gustave EIFFEL
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Le club « N’oublie pas », à Péronne, entre coquelicots, bleuets et myosotis

jeudi 28 mai 2015 par Mme Desprès

La première sortie du club cette année nous conduit en Picardie, beaucoup d’anciens du groupe constitué l’an passé sont là en ce petit matin d’hiver, quelques nouveaux aussi, tous mus par le désir de se souvenir mais aussi de savoir et de comprendre cette Première Guerre mondiale à la fois si lointaine et si proche.
Les kilomètres défilent, nous passons Meaux. Etrepilly est juste à côté, les anciens se rappellent la Marne, septembre 14, les pantalons rouges et Péguy, le voyage dans l’espace et le temps se poursuit, plus au nord, presque deux ans plus tard, 1916, Verdun, la Somme, au temps des « hyperbatailles ».
Nous atteignons Péronne, les paysages n’ont pas gardé mémoire de ces événements vieux déjà d’un siècle. Mais progressivement les premiers cimetières commencent à marquer douloureusement le territoire de ce qui fut le théâtre de la bataille de la Somme.

L’Historial de la Grande Guerre nous installe d’emblée à la veille du conflit avec la première salle qui retrace la succession des événements amenant au déclenchement des hostilités. Les questions fusent, des tablettes interactives sont également mises à contribution, tous voulant mettre à profit cette visite.
Les autres salles retraçant quant à elles les combats bénéficient d’une muséographie originale, uniformes, objets du quotidien et armes sont exposés à même le sol dans des fosses, sans vitre de protection, le tout témoignant du caractère éminemment meurtrier de la guerre.
Tous nos membres traversent ces salles avec gravité mais aussi intérêt pour les collections, les questions se font plus rares, chacun souhaitant vivre sa propre visite en fonction de son propre questionnement.

Le temps passe très vite et il nous faut quitter les salles car l’heure du repas a déjà sonné, l’heure du midi un moment de détente après une matinée à l’attention soutenue.

Dès 13h30, nous rencontrons notre guide avec laquelle nous partons à la découverte des champs de batailles picards. Le circuit de trois heures nous mène à un cimetière militaire français, puis au mémorial canadien pour enfin terminer à Thiepval.

Notre guide met à profit le trajet pour brosser un tableau général des deux premières années de guerre puis elle nous présente les combats sur la Somme. C’est véritablement en ces lieux que tous prennent conscience du caractère mondial du conflit car si le champ de bataille est circonscrit à une quarantaine de kilomètres, quatre millions d’hommes issus de vingt-cinq nationalités y combattent, un quart d’entre eux en ont été victimes, tués, blessés, disparus.

Premier arrêt : un cimetière militaire français où les tombes individuelles sont parfaitement alignées. Sur chacune d’elles est apposée une plaque nom, prénom, grade, officier, sous-officier et hommes du rang. Tous voisinent dans la mort montrant par là même l’égal sacrifice de tous. La religion ou l’absence de religion de chacun est également prise en compte et les croix chrétiennes voisinent avec les stèles musulmanes et juives. Nous remarquons même la tombe d’un ouvrier chinois, victime des combats.
Les soldats non identifiés reposent dans des ossuaires. Le cimetière est qualifié d’ouvert car les corps retrouvés de nos jours y trouvent une sépulture après accord des familles.
Nous sommes également renseignés sur la manière dont sont traités les soldats morts des autres nationalités : pour les Anglo-saxons une multitude de cimetières car la coutume est d’enterrer les corps sur le lieu des combats et de donner une sépulture individuelle également aux soldats inconnus. En ce qui concerne les Allemands, une seule tombe pour quatre soldats car la France ne voulait céder que le minimum de terrain à l’ancien ennemi au sortir de la guerre.
Là aussi les élèves se montrent intéressés et sont choqués par l’âge moyen des soldats ensevelis, c’est quasiment le leur.

L’arrêt suivant est consacré au mémorial canadien et plus particulièrement aux Terre-neuviens qui lors des assauts au début des combats ont subi sur cette partie du front 90% de pertes. C’est pourquoi la France céda au Canada cette parcelle du territoire. De fait nous entrons au Canada sans passeport ni visa. Les tranchées sont restées en l’état depuis un siècle et, malgré le temps et l’érosion, ce n’est pas sans émotion que nous suivons les explications du guide canadien, qui de la tranchée de première ligne nous montre le no man’s land et quatre cents mètres plus bas ce qui fut les premières défenses allemandes. A voir ce glacis devant nous, nous comprenons l’effroi qui étreignait le soldat au moment de se ruer sur les lignes ennemies.
Lors de cette visite sont évoqués non seulement les combats mais aussi le quotidien du combattant, dehors par tous les temps, la difficulté à se nourrir, les corps des soldats couverts de parasites , les rats omniprésents, les cadavres partout et l’odeur pestilentielle aux premiers beaux jours.

Notre dernière halte est pour le mémorial de Thiepval, plus grand monument existant consacré aux soldats britanniques. Les plus de soixante dix mille noms s’égrainant dans l’ordre alphabétique sur les plaques de marbre apposées provoquent un malaise. Question d’un élève : « Quel est l’âge du Tommy mort le plus jeune ? » Environ 15 ans, ils sont trois ou quatre dans ce cas, moment de silence « Et le plus vieux alors ? » 53 ans.

La Somme, le « Verdun des Britanniques ». C’est pourquoi encore aujourd’hui des petits enfants, arrière petits enfants et maintenant la cinquième génération des combattants de tout l’ex-empire britannique et dominions se rendent dans la région de Péronne, pour commémorer, se souvenir, ne pas oublier, c’est ce que nous avons voulu faire en ce lundi 9 février.

E. Bonnin


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