Lycée des Métiers Gustave EIFFEL
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Le Club « N’oublie pas » en sortie à Meaux, 7 Avril 2014

jeudi 17 avril 2014 par Mme Desprès

5 Août 1914 , des champs à perte de vue, pas le moindre bosquet, pas le moindre abri, une étendue vide, la chaleur de l’été, l’infanterie est là tout près de Villeroy, dernière défense avant Paris, des collines à conquérir se dessinent au loin. L’ordre est donné, les pantalons rouges s’élancent, jeunes hommes fauchés en un instant par les mitrailleuses qui entonnent leur chant de mort, les survivants emmenés par le lieutenant Péguy, poète écrivain, seul officier encore en vie, commande un bond de 30 mètres, il s’écroule parmi ses hommes, touché à la tête, lui l’intellectuel, couché parmi ses soldats.
7 Avril 2014, le club N’oublie pas est ici à Villeroy toujours ces mêmes champs, pas plus de bosquet ni d’abri, ce même glacis qui s’offre à nos yeux. La conférencière décrit les hommes, l’assaut. Chacun écoute et s’interroge. « Je comprends mieux maintenant pourquoi tant de soldats en pantalon rouge sont tombés en septembre 1914 », me dit l’un d’un ton grave. Un autre me glisse doucement à l’oreille « Ca se trouve, nous marchons là où repose un Poilu ».
Que reste t-il de ces combats autour de Meaux ? Une croix érigée rappelant Péguy, un poème, une table d’orientation. Le silence a fait place au fracas des armes alors que les pantalons rouges et leur lieutenant gisent tout près, leur nom simplement gravé sur le monument qui les honore. Les cimetières, ossuaires, nécropoles nous rappellent ces jeunes, morts pour la défense de notre pays. Ils nous rappellent la violence inouïe de cet été 14, l’avènement prochain de la technique annoncée par ces premiers orages d’acier. Quelques mois plus tard, ce sera l’enfer des tranchées.

Le superbe Musée de la Grande Guerre de Meaux surgit du sol, au pied d’une imposante statue, la Liberté éplorée. Il nous transporte dans cette terrible époque, il nous permet d’en comprendre les causes, les conséquences, les enjeux et l’histoire. En l’air, deux avions marquent les immenses progrès technologiques accomplis en quatre ans. A terre, ce char Renault, cavalerie des temps nouveaux, ce mythique taxi de la Marne annonçant le développement à venir des transports motorisés, ce surprenant camion chargé de transporter les pigeons voyageurs, au centre ces deux tranchées ennemies, l’une française et l’autre allemande, autour desquelles le musée s’articule. En mer, ces sous-marins, lanceurs de torpilles. Tout nous rappelle que cette Première Guerre était bien une guerre d’un nouveau type où les progrès techniques ont été mis au service de la destruction, avant de transformer le quotidien et le monde.
Et cette salle consacrée aux Gueules cassées, aux prothèses médicales, ces éclats d’obus, ces armes, ces masques à gaz, tout est là pour qui nous rappeler à quel point ce conflit fut violent, brutal et centré sur l’anéantissement de l’autre.
Et tous ces uniformes qui nous rappellent cette dimension mondiale jusque là inédite de cette Der des Der.
Et toutes ces lettres, ces photos, cet artisanat des tranchées, cette roulante qui nous rappellent que tous ces soldats étaient des hommes avant tout, comme nous.
Nous sommes émus mais heureux de découvrir et de voir cette époque qui nous livre petit à petit ses secrets.
Surprenant voyage dans ce passé que nous ne voulons pas oublier.


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