Lycée des Métiers Gustave EIFFEL
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Au cœur du camp

lundi 2 juin 2014 par CDI

Nous sommes à 800 mètres d’altitude, dans une ancienne station touristique où des familles s’amusaient à skier et profitaient du grand air. La vue est superbe, devant nous, s’étale majestueusement cette magnifique ligne bleue des Vosges.

Derrière nous, l’horreur. L’horreur la plus absolue. Contraste saisissant et déstabilisant. Nous avons peur de ce que nous allons voir car nous savons déjà tant de choses après Drancy et Pithiviers. Nous nous regardons comme pour nous donner du courage et nous pénétrons dans le seul camp de concentration aujourd’hui sur le sol français : le Struthof.

Nous basculons.

Nos visages sont fermés. Devant nous, s’étalent la mort, les tortures, … Le Struthof fut l’un des camps les plus meurtriers. Plus de 40% des déportés y moururent, en raison des privations et maltraitances, des conditions inhumaines de travail notamment dans les carrières de granit rose, des expériences pseudo-médicales menées sur les prisonniers, ravalés au rang de cobayes et sur qui étaient testés des gaz ou à qui on inoculait des maladies.

Que dire ? Que penser ? Ces photos de cadavres dénudés, mutilés, ces pyjamas rayés, cette volonté de tuer afin de constituer une collection de crânes pour l’institut anatomique de Strasbourg, cette lourde matraque de SS faite de filins tressés, cette longue pince pour sortir les corps du four crématoire, cet entonnoir servant aux gazages. Et les visages des bourreaux, Kramer, Hirt.

Nous sommes perturbés et pourtant nous restons. Nous déambulons de baraquement en baraquement. Nous restons muets devant le chevalet de bastonnade et la potence où ont été pendus tant de déportés.

Certains parviennent à exprimer leur émotion avec leurs mots d’ado : « J’ai la haine, Madame, j’ai la haine ». D’autres veulent comprendre. Pourquoi ? Comment ? La parole se délie un peu, avant de s’éteindre complètement lorsque nous pénétrons dans la chambre à gaz. L’ambiance est lourde, pesante.

Nous savions ce que nous allions voir, nous nous étions préparés. Mais là, face à cette monstruosité, nous nous refermons tous. Nous n’oublierons jamais.


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